BORIS CYRULNIK & IMPACT PSYCHOLOGIQUE SUR LES ENFANTS

Je vous propose d’écouter Boris cyrulnik qui s’est exprimé mercredi 6 mai 2020 lors du live organisé par l’association Espace Culturel et Universitaire Juif d’Europe.

Boris Cyrulnik a été interpellé sur l’impact psychologique de la crise sanitaire sur les enfants.

IMPACT DU CONFINEMENT

Le confinement est une situation anti-humaine puisque nous sommes des êtres de parole, on peut être qu’avec les autres.

Neurologiquement, un cerveau isolé est un cerveau abimé.

C’est un cerveau qui s’éteint s’il n’est pas stimulé par la présence des autres.Que ce soit neurologiquement ou psychologiquement, le confinement est une agression mais c’est une protection physique en même temps une agression psychique.

On ne sera pas tous traumatisés.

TOUS DIFFERENTS

Ceux qui, avant le confinement avaient acquis des facteurs de protection au cours de leur développement.

👉 Une famille stable, sécurisante, un bon niveau scolaire qui leur donne un « bon » métier donc un « grand » appartement non stressant, une aptitude à la parole, des diplômes scolaires.

Ils vont profiter du confinement pour avoir une plongée intérieure pour se remettre à lire, à écrire, jouer d’un instrument de musique longtemps délaissé.

👉 Ceux là, vont se remettre du confinement apaisés même améliorés.

A l’inverse, ceux qui avant du confinement avaient acquis des facteurs de vulnérabilité.

👉 Une famille maltraitante, précarité sociale, « petit » diplôme, donc « petit » métier donc « petit » logement.

Ils vont vivre le confinement douloureusement et pour eux ça va être un traumatisme.

👉 Ceux là, vont sortir du confinement avec une agression supplémentaire.

A la sortie du confinement, il y aura une inégalité supplémentaire.Ceux qui vont redémarrer très vite et ceux qui seront handicaper par un trauma.

LE LIEN

On exprime, c’est-à-dire, on adresse à l’autre avec des mots,  avec des mimiques faciales et avec des gestes.

On structure une interaction avec des mots : « j’agie sur votre monde mentale et en retour votre réaction, même si elle est préverbale, vous agissez sur mon monde mentale ».

👉 S’il n’y a pas d’altérité, le monde mental s’éteint.

J’ai besoin d’un autre pour devenir moi-même. 

Le  motlien est la métaphore pour donner forme à cette intercommunication et ainsi dire comment on est ensemble.

Ce que « je » suis avec vous, ce que « vous » êtes avec moi tricote un lien qui n’est pas analogue à celui d’un autre.

Pendant 1000 jours, tous les êtres humains sont préverbaux. Or à ce moment là on dépend de ce qu’est l’autre sensoriellement.

LA MERE SUFFISAMENT BONNE

Si ma figure d’attachement, ma mère essentiellement, prés d’elle mon père et autour d’elle le foyer. Si cette ensemble est stable (niche sensorielle) : « moi, bébé, préverbale, je me débrouillerai pour me développer ».

Le bébé a ce qu’il faut autour de lui pour le rassurer.

Même s’il y a la guerre, si ma mère, mon père, mon foyer est stable, « je » ne serai pas impacté par le drame qui se joue entre adulte mais pas ce qui joue pour moi, bébé préverbale.

👉 Lorsque la niche sensorielle (la famille) assure sa fonction « nourricière, suffisamment bonne »  l’enfant se sentira en sécurité et ne sera pas impacté par ce temps de confinement et post-confinement.

PAROLE = EXPLICATIONS

Dès l’apparition de la parole, l’enfant a besoin d’explications

Si les parents se taisent : le silence angoisse parce que l’enfant voit bien qu’il se passe des choses étranges et il ne comprend pas pourquoi.

Donc puisqu’on se tait c’est une tragédie.

Moi, enfant verbale, je vais avoir énormément de fantasmes anxieux : « on veut nous tuer, je ne sais pas d’où vient l’ennemi, j’ai très peur… ».

D’ailleurs, les enfants  jouent à la guerre, pour ne pas avoir peur de la guerre.

Ainsi, l’enfant a besoin d’explications mais trop d’explications. Si on répète toujours les mêmes mots, l’horreur : «  tu te rends compte on va mourir, regarde le bilan il y a 30 morts en plus »

A ce moment là, l’enfant se dirige vers le syndrome pycho-traumatique. Un traumatisme est une répétition de la terreur.

GESTES BARRIERES VS ENFANTS

Pour traumatiser, il faut angoisser quelque chose qui met l’enfant et/ou l’adulte dans un état de sidération.

En neuro-imagerie, on voit un cerveau traumatisé cesse de traiter les informations, ça fonctionne plus, les enfants, les adultes sont hébétés.

Si on présente aux enfants ces gestes barrières sous forme de jeu et ils apprendront sans difficulté.

Les enfants seront traumatisés si les adultes sont traumatisés et là on peut appeler un risque de « contagion psychique ».

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