Qu’est ce que c’est les NEURONES MIROIRS ?

DÉFINITION

Vous avez déjà vu un bébé pleurer et voir le bébé juste à coté se mettre à pleurer à son tour.

Et bien, c’est la faute des neurones miroirs.

Une découverte que l’on attribut au « père des neurones miroirs », le professeur italien Giacomo Rizzolatti au début des années 90.

Les neurones miroirs peuvent être définis comme un groupe de neurones qui s’activent lorsque nous effectuons une action ou lorsque nous voyons une action en cours.

Dès la naissance, ce groupe de neurones est activé.

Les neurones miroirs sont essentiels pour l’imitation qui est la clé du processus d’apprentissage.

Toute personne est un modèle puisque le cerveau emmagasine les données qu’il perçoit pour ensuite pouvoir les imiter.

Les neurones miroir créent un lien social et émotionnel entre les individus puisqu’ils permettent une représentation de l’action de l’autre et de comprendre son action.

On les retrouve pour l’apprentissage du langage,  manger, s’habiller, l’empathie, le dégoût…

LE DEGOUT

Le professeur Rizollatti évoque l’expérience faite autour du dégoût.

Expérience : Un panel de personne observant d’autres individus sentant des odeurs d’œuf pourri.

Observation : une personne faisant face aux seules expressions faciales d’un individu exprimant dégoût aura son insula (partie du cerveau) activé de la même manière qu’une personne vivant émotionnellement ce dégoût.

On peut ressentir du dégoût sans le sentir simplement en observant l’expression du visage de l’autre personne dégoutée.

Cette conclusion est la même pour la douleur, sans être touché, juste en regardant une personne en souffrance, nous pouvons ressentir sa douleur.

Entre le subir et le voir, aucune différence.

L’EMPATHIE

Toute personne en présence d’un autre individu réagit à sa présence.

👉 Soit on se rapproche d’un visage connu.

👉 Soit on s’éloigne de quelqu’un qui nous est étranger.

Les neurones miroirs permettent de comprendre les intentions d’autrui. Un des rôle de ces neurones serait alors de mieux comprendre les personnes et leurs actions.

Un petit enfant est capable d’identifier des gestes qui lui sont portés : gentillesse, affection, colérique, rejet…,

 Ces neurones miroirs permettent :

👉 Reconnaissance naturel d’autrui une manière aussi d’être en contact avec lui, ainsi influencent les liens émotionnels et sociaux.

👉 La capacité à distinguer des émotions ou des gestes, nécessaire à notre vie émotionnelle

 👉 Codage des actions faciales, en particulier les actions communicatives de la bouche.

LE LANGAGE

Il a été prouvé que les phonèmes activent notre aire de Broca même lorsque là encore nous ne faisons « rien ».

👉 Juste à l’écoute de sons, de mots, sans que la personne ne bouge, notre cerveau s’active et reconnait les phonèmes.

Les neurones miroirs s’activent lorsqu’on réalise une action mais également lorsqu’on voit quelqu’un réaliser une action

👉 Ils sont responsables de l’imitation des sons et des mots par les enfants.

Les bébés imitent de nombreux sons autour d’eux, en riant et en parlant, dans un effort pour communiquer

👉  Ils apprennent en copiant et en interagissant avec les autres.

Au fur et à mesure que le bébé se développe, il ajoutera une inflexion et un ton pour communiquer avant même de savoir quels mots utiliser. 

👉 Ils ont entendu ces sons et les reflètent avec l’espoir que leurs parents comprendront et réagiront.

Alors parlez aux bébés, c’est le début du langage.

L’AUTISME

Les neurones miroirs qui s’activent non seulement lorsque nous effectuons un geste, mais aussi lorsque nous voyons quelqu’un exécuter ce même geste.

Ils seraient impliqués dans l’empathie, la faculté de cerner et de ressentir les émotions d’autrui.

 Les autistes n’ayant pas cette aptitude, les neurobiologistes ont longtemps supposé que leurs neurones miroirs ne fonctionnaient pas correctement.

Ilan Dinstein et ses collègues du Centre de neurosciences de l’Université de New York viennent de réfuter cette hypothèse.

Des études ont révélé que des zones cérébrales appartenant au système des neurones miroirs s’activent aussi bien pendant l’observation que pendant l’exécution des mouvements.

Mais de façon étonnante, ces zones s’activent avec la même intensité chez les autistes que chez les autres sujets.

 Les personnes autistes présentent des réponses semblables à celles des autres individus.

Ce résultat traduit un phénomène d’adaptation, que l’on ne soupçonnait pas jusqu’alors chez les personnes atteintes d’autisme et qui remet en cause l’hypothèse d’un dysfonctionnement de leurs neurones miroirs.

ET TOUS LES JOURS ?

Les neurones miroirs sont responsables du bâillement lorsque nous voyons quelqu’un d’autre bâiller.

Ces neurones agissent également lorsque nous voyons quelqu’un triste ou pleurer et que nous nous sentons à notre tour triste.

Une personne peut ressentir la même peine qu’une personne en souffrance.

La même chose se produit avec le sourire ou le rire.

On peut ressentir du dégoût sans le sentir juste en regardant l’expression du visage de l’autre personne dégoûtée.

Pour aller plus loin

Source : Boris CYRULNIK et la petite enfance, Edition Philippe Duval ; Pourlascience.fr

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